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Communiqué de presse suite à l'annulation de la soirée ODN en SARTHE


Encore une soirée techno annulée en Sarthe, les jeunes coincés entre le marteau et l’enclume.

Prévue ce samedi dans la salle de spectacle de Saint Mars la Brière, une soirée techno organisée par l’association ODN est annulée par la mairie à la dernière minute.

Annoncée à la base comme une soirée anniversaire devant regrouper environ 400 personnes, le projet de l’association ODN est sérieux, 4 agents de sécurité habilités SIAPP sont prévus, une équipe de bénévoles encadre la soirée dans ce lieu habilité à recevoir du public dans de bonnes conditions.

Cependant, ces efforts ne sont pas suffisants pour le maire Claude Drouot qui, prévenu par la gendarmerie affirme s’être tourné vers la sous-préfecture de Mamers. Selon ses dires, la sous-préfecture lui aurait fortement déconseillé de laisser la manifestation se dérouler, notamment en invoquant la présence obligatoire d’un agent communal habilité sécurité « SIAPP » durant toute la soirée. Les jeunes ont aussitôt proposé de prendre ces frais en charge mais sans effet.

De plus, la gendarmerie aurait, toujours selon les dires du maire, demandé l’annulation de la manifestation au motif qu’elle ne disposait pas des forces suffisantes pour encadrer la soirée. Elément quand on sait qu’il s’agit d’une manifestation dans un lieu prévu à cet effet, avec un service de sécurité.

La préfecture du Mans, consultée sur ce point, affirme elle ne pas s’être prononcée sur le sujet et que la décision d’annulation dépend simplement du pouvoir de police du maire, en contradiction donc avec les propos de M. Drouot.

Nous dénonçons cette politique de la patate chaude, ou chacun rejette la faute sur l’autre mais ou, le résultat final est l’annulation d’un projet sérieux et encadré.

Cette attitude est d’autant plus inacceptable que se tenait la semaine dernière une réunion de concertation à l’initiative de L’Association des Maire de la Sarthe et des services de l’Etat, justement pour évoquer ce type de problèmes. Cette concertation a elle aussi été un échec, autant en terme de communication qui a été bridée par la préfecture, au nom du sacro-saint devoir de réserve, qu’en terme de fréquentation, la très grande majorité des maires n’ayant pas souhaité se rendre à cette réunion de peur d’avoir à répondre de leur politique d’exclusion des jeunes devant leurs représentants, structurés en association et prêts au dialogue.

Après l’annulation du festival « multi-sons » en 2010, des échauffourées avaient suivi la « manif’estive », accompagnés de protestation, en mai dernier. Cela avait abouti à une course poursuite entre 700 ravers et forces de gendarmerie, sans pouvoir toutefois empêcher la fête de se dérouler sans incident. Cette nouvelle annulation est une étape de plus dans la politique de répression qui frappe les jeunes organisateurs de manifestations techno, même quand ceux-ci cherchent à organiser leurs fêtes dans le respect de la loi et dans les lieux appropriés.

Une fois de plus, ce samedi, les jeunes vont donc se rabattre sur un champ choisi au hasard, la fête aura probablement lieu sur un site inadapté, sans sécurité ni secours, elle dérangera du monde, mais elle aura lieu et c’est la seule façon pour eux de se faire entendre.